Le premier matin, vous sortez de la tente avec une seule question en tête : par où on commence ? Eymet, c'est une petite bastide posée sur le Dropt, et si vous plantez votre campement ici, vous avez tiré le bon numéro. Le centre historique est à portée de pédale, les marchés sentent la fraise et le fromage de chèvre, et dans un rayon de trente minutes vous avez de quoi remplir trois semaines sans jamais reprendre la même route. Encore faut-il savoir dans quel ordre.
Je vais vous donner mon itinéraire réel, celui que je déroule quand des amis débarquent avec leur caravane et deux ados qui soupirent. Avec les temps de trajet, les pièges, et ce qui, franchement, ne vaut pas le déplacement.
Points clés à retenir
- Le marché hebdomadaire d'Eymet se tient le jeudi matin sur la place de la bastide, et c'est le rendez-vous à ne pas manquer.
- La plupart des visites se font à pied ou à vélo depuis le camping : bastide, berges du Dropt, boucles de randonnée.
- Bergerac est à une vingtaine de kilomètres, Issigeac à une quinzaine : les deux se combinent très bien en une demi-journée.
- Les marchés nocturnes d'été remplacent souvent le marché du matin : renseignez-vous sur place avant de vous déplacer.
- Comptez 45 minutes à 1 h de route pour le Périgord noir (Sarlat, Lascaux) : c'est faisable, mais pas la peine d'y aller tous les jours.
- Un vélo avec un panier vaut mieux qu'une voiture pour les trajets quotidiens.
Que faire autour du camping à Eymet : la bastide d'abord, le reste ensuite
La première erreur que j'ai commise, il y a quelques années, c'était de vouloir tout faire dès le premier jour. Résultat : 120 kilomètres au compteur, une journée à moitié gâchée, et des enfants épuisés avant le dîner. À Eymet, la vraie bonne idée c'est de commencer par le village lui-même, à pied, tranquillement.
La bastide d'Eymet, en une matinée
Eymet est une bastide du XIIIe siècle, l'une des mieux conservées du Périgord pourpre, construite sur une boucle du Dropt. Le plan médiéval est encore lisible : la place centrale à arcades, les ruelles qui rayonnent, les maisons à colombages qui ont survécu à tout. Le tour complet, église comprise, prend une bonne heure si vous flânez — et vous allez flâner, parce que les arcades de la place sont faites pour ça.
Ce que j'aime, c'est que rien n'est mis en scène. Pas de barrières, pas de parcours fléché payant. Vous passez devant une maison du XVe, vous ne le savez même pas, et c'est très bien comme ça.
Les berges du Dropt, le plan B qui sauve une journée
Quand il fait trop chaud ou que tout le monde est de mauvaise humeur, direction la rivière. Les berges du Dropt offrent des coins d'ombre, des tables de pique-nique et un chemin de halage praticable à vélo. Zéro euro, zéro voiture. On y a passé des après-midis entiers à regarder les hérons et à ne rien faire, et c'est probablement le meilleur souvenir que mes neveux gardent de leurs vacances.
Le canoë se pratique sur le Dropt ; en été, certaines sorties se font en fin de journée, quand la lumière tombe sur l'eau. À réserver localement, les places partent vite en juillet et en août.
Le marché d'Eymet et la vie locale : le jeudi, tout s'arrête
Question qu'on me pose systématiquement : « mais on fait quoi un jeudi matin ? » Réponse : le marché. Le marché d'Eymet se tient le jeudi matin, place de la bastide et alentour. Producteurs, fromages de chèvre, fraises du Périgord, noix, canards sous toutes leurs formes. Arrivez avant 10 h, après c'est la cohue et les meilleurs étals sont dévalisés.
Deux choses que j'ai apprises à la dure. Premièrement, prenez du liquide : tout le monde n'a pas de terminal, et un fromager qui vous tend sa cagette en vous regardant chercher votre carte bleue, c'est un moment gênant. Deuxièmement, les restaurants du centre sont pris d'assaut le jeudi midi — j'ai vu des familles entières faire la queue sous le soleil. Réservez la veille, ou déjeunez tard.
Et les marchés nocturnes d'été ?
En juillet et août, plusieurs communes du secteur basculent sur des marchés de producteurs en soirée, avec tables et assiettes sur place. Eymet et les villages voisins en organisent selon les semaines. Attention : les dates changent d'une année sur l'autre. Le réflexe utile, c'est de demander à l'accueil du camping ou à l'office de tourisme le jour de votre arrivée, pas de compter sur un souvenir de l'été précédent. J'ai fait le déplacement une fois pour rien, sur la base d'une info périmée. Je ne recommence plus.
Autour d'Eymet sans voiture : vélo, rando, et un peu d'organisation
Le secteur est plat, ou presque. C'est une bénédiction quand on voyage avec des enfants ou qu'on n'a pas envie de se battre avec un dérailleur. Les boucles de randonnée au départ d'Eymet traversent vignes, noyers et hameaux de pierre — la plupart sont balisées, comptez entre 1 h 30 et 3 h selon le circuit choisi.
Pour le vélo, une remarque concrète : les petites routes de campagne sont tranquilles, mais elles sont aussi étroites et sans visibilité. Un gilet fluo pour les enfants, ce n'est pas du zèle. Et prévoyez de l'eau en quantité, parce que les fontaines ne courent pas les chemins.
- Une boucle courte au départ du bourg, idéale avec des enfants fatigués
- Un circuit plus long vers les coteaux, avec vue sur la vallée du Dropt
- La voie verte le long de la rivière, praticable en poussette tout-terrain
- Et pour les plus motivés : la liaison vers les villages viticoles voisins, en préparant l'itinéraire à l'avance
Ce qui manque souvent dans les guides, c'est le temps réel. Une « boucle de 8 km » avec des enfants qui s'arrêtent toutes les dix minutes, ça se transforme vite en trois heures. Prévoyez large.
Quel est le village le plus beau du Périgord vert ?
La question mérite une réponse honnête plutôt qu'un palmarès. Le Périgord vert, au nord de la Dordogne, compte plusieurs villages classés parmi les plus beaux de France — et le plus souvent cité est Saint-Jean-de-Côle, avec son château, son prieuré et son pont médiéval sur la Côle. Il est petit, il se visite en une heure, et il justifie largement le détour.
Mais soyons clairs : Eymet se situe dans le Périgord pourpre, pas dans le Périgord vert. Les deux ne sont pas voisins immédiats. Si votre base de camping est à Eymet, aller voir Saint-Jean-de-Côle demande une vraie demi-journée de route, pas une balade improvisée. Ça vaut le coup si vous restez une semaine ; ça ne vaut pas la peine si vous repartez le lendemain.
Mon avis, et je l'assume : à moins d'une fixation sur les labels, les villages autour d'Eymet — Issigeac en tête — offrent un rapport charme/kilomètre bien meilleur.
Quelle ville est proche d'Eymet ?
Bergerac est la ville de référence du secteur, à une vingtaine de kilomètres. C'est là que vous trouverez l'hôpital, les grandes surfaces, la gare et un centre ancien agréable avec son port sur la Dordogne. Comptez 25 à 30 minutes de route depuis le camping.
Autour, trois autres pôles utiles :
| Destination | Distance approximative | Pour quoi y aller |
|---|---|---|
| Bergerac | ~20 km | Courses, gare, vieux port, restaurants |
| Issigeac | ~15 km | Village médiéval, marché dominical, ruelles |
| Sainte-Foy-la-Grande | ~25 km | Bastide sur la Dordogne, marché couvert |
| Sarlat-la-Canéda | ~70 km | Sortie à la journée, Périgord noir |
Issigeac mérite un mot : c'est un ancien village de chanoines, avec un lacis de ruelles et une église qui domine l'ensemble. Beaucoup plus petit qu'Eymet, mais plus spectaculaire dans son dénivelé. Le dimanche matin, le marché attire du monde de tout le secteur.
Quel est le lieu magique à découvrir en Dordogne ?
Si vous cherchez LE lieu qui marque, celui dont on parle encore des années après, la réponse est du côté de la vallée de la Vézère. Lascaux — la grotte originale étant fermée, ce sont les reproductions qui se visitent — reste l'expérience la plus forte du département. Comptez environ 45 minutes à 1 h de route depuis Eymet, et surtout : réservez. En haute saison, se pointer sans billet, c'est repartir bredouille.
Mais mon vrai coup de cœur, celui que je sers à tous ceux qui me demandent, c'est moins connu : les jardins suspendus et les villages accrochés au-dessus de la Dordogne, entre Domme et La Roque-Gageac. On y monte en fin d'après-midi, la lumière est dorée, et il n'y a plus personne. Ça, ça reste.
Faut-il y consacrer plusieurs jours ?
Non. Depuis Eymet, le Périgord noir se traite en deux ou trois sorties à la journée, pas plus. Une pour Lascaux et les Eyzies, une pour la vallée de la Dordogne et ses villages, éventuellement une pour Sarlat. Le reste du temps, restez dans le secteur d'Eymet : vous verrez moins de cars de touristes et plus de vignerons qui vous parlent de leur récolte.
Mon itinéraire type sur une semaine
Voilà comment je structure réellement un séjour, sans prétendre que ce soit la seule façon de faire.
- Jour 1 — la bastide à pied, le Dropt l'après-midi, dîner sur la place. Zéro kilomètre en voiture.
- Jour 2 — marché le matin, sieste, piscine du camping ou baignade. On ne fait rien, et c'est voulu.
- Jour 3 — Issigeac et son marché, retour tranquille par les petites routes.
- Jour 4 — Bergerac : vieux port, courses, un restaurant correct. Journée utile et pas désagréable.
- Jour 5 — la grande sortie : Lascaux ou la vallée de la Dordogne. Départ tôt, retour en fin d'après-midi.
- Jour 6 — vélo et randonnée au départ du camping, pique-nique sur les berges.
- Jour 7 — au choix, selon la météo et l'énergie restante.
Ce qui marche, dans ce découpage, c'est l'alternance : une grosse journée, puis une journée molle. Les séjours ratés que j'ai vécus, c'était toujours le même schéma — trop de route, trop de sites, pas assez de temps mort. Or à Eymet, les temps morts sont précisément ce qu'il y a de mieux.
Une dernière chose, et c'est peut-être la plus utile : demandez au camping ce qui se passe pendant votre séjour. Un feu d'artifice, une fête de village, une brocante, une soirée guinguette au bord de l'eau. Ces animations locales ne se trouvent pas dans les guides, elles changent chaque année, et c'est souvent le meilleur moment d'un séjour. La première fois qu'on m'a traîné à une fête de village sans savoir ce qui m'attendait, j'ai fini à 1 h du matin à danser mal sur une table en plastique. Je ne regrette rien.
Et si au bout de trois jours vous n'avez toujours pas réussi à faire tout ce que vous aviez prévu : c'est bon signe. Vous êtes dans le bon rythme.